Chaque rentrée ressemble à un mauvais remake : des classes sans enseignants, des contractuels envoyés au dernier moment, des heures supplémentaires imposées. Derrière ces « ajustements » se cachent des professeurs à bout, contraints de faire tenir un système qui craque de partout.

Entre surcharge et solitude
En 2023, le record de 620 000 heures supplémentaires hebdomadaires a été atteint dans le secondaire. Pour beaucoup, cela signifie doubler ses journées, sacrifier sa vie familiale, travailler dans l’urgence. « On ne fait pas ce métier pour l’argent, mais pour aider les enfants à progresser », confie une jeune enseignante. « Mais à force, on s’épuise. »
Contractuels jetés dans l’arène
À la veille de la rentrée, certains découvrent leur affectation par téléphone, sans formation ni préparation. Propulsés devant des classes entières, ils doivent improviser. « On m’a proposé un poste le jour même », raconte Jennifer, contractuelle en espagnol. Une précarité qui alimente la détresse et accentue la fuite du métier.


Des réformes vécues comme du bricolage
Le ministère mise sur des solutions d’urgence : groupes de niveau, recrutement de retraités, concours avancés. Mais pour les enseignants, cela ne suffit pas. Les syndicats dénoncent une perte de sens et un manque cruel de reconnaissance. « On colmate les brèches, on ne reconstruit pas la maison », résume un professeur de lycée.
Les élèves en otages
Cette crise n’est pas seulement celle des enseignants. Elle se répercute directement sur les élèves : programmes hachés, matières abandonnées, orientation subie. Dans certains collèges, des classes entières restent sans professeur de français ou d’histoire-géographie pendant des mois.








