Lily est écrivaine et poétesse, mais son parcours artistique ne s’est pas construit d’un seul coup. Originaire du sud de la France, elle suit d’abord des études en communication avant d’arriver à Paris, une ville qui marque un tournant décisif dans sa trajectoire. En évoluant dans le milieu de l’événementiel et au fil de rencontres déterminantes, elle commence progressivement à se reconnaître comme artiste. « Ça m’a permis de me réaliser et de devenir l’écrivaine que je suis aujourd’hui », explique-t-elle.

L’écriture, pourtant, l’accompagne depuis l’enfance. Pendant des années, Lily tient des journaux intimes, un espace personnel dans lequel elle construit son rapport au monde. Le véritable déclic survient en classe de sixième, lorsqu’un professeur valorise l’un de ses textes. Cette reconnaissance extérieure agit comme une révélation. « C’était la première fois que je comprenais que j’existais en dehors de mon cercle proche, grâce à quelque chose qui m’était propre. »

La poésie s’impose ensuite naturellement comme son langage privilégié. Elle y voit une forme spontanée, capable de capturer l’émotion brute sans la déformer. « Le poème, c’est l’émotion du moment. J’essaie de la graver pour la rendre immortelle. » Lily écrit avant tout pour elle-même, mais considère que l’écriture crée aussi un lien invisible avec les autres. Entre intimité et partage, ses textes deviennent un moyen de communication sensible plutôt qu’un exercice intellectuel.
Ses inspirations naissent principalement des émotions fortes, notamment la mélancolie. « C’est toujours plus simple d’écrire avec la tristesse », confie-t-elle, évoquant le rôle cathartique de l’art. La joie, paradoxalement, demande davantage d’effort, car elle nécessite moins d’exutoire. Cette relation aux émotions nourrit une recherche constante d’équilibre entre sensibilité et protection personnelle.
Son premier livre, TWIM The World Is Mine, naît d’une aventure collective avec des amis artistes et photographes. L’ouvrage mêle poèmes, fragments intimes et images, sans chercher à illustrer directement les textes. Chacun y apporte sa propre vision. « On ne voulait pas faire qu’un seul regard, mais additionner nos univers tout en gardant nos singularités. » Le projet, développé sur plus de deux ans, demande surtout de trouver une cohérence entre des créations déjà existantes.
Le titre reflète sa philosophie : le monde n’est pas une possession, mais une réalité intérieure. « Le monde est à moi dans le sens où il est en moi. » À travers ce livre, Lily explore ce que signifie grandir, créer et chercher sa place entre quinze et trente ans, avec ses doutes et ses aspirations.

Dans un contexte dominé par le numérique, elle reste confiante quant à l’avenir du livre physique. Selon elle, les lecteurs ressentent aujourd’hui le besoin de revenir à quelque chose de tangible. « Tant qu’il y aura des gens pour écrire, il y aura des gens pour lire. » Plus qu’un objet, le livre devient une expérience sensorielle et humaine.
Pour Lily, ce premier ouvrage n’est qu’un début. Elle imagine déjà une suite, poursuivant ce dialogue entre texte et image. Son ambition reste simple : toucher chacun différemment et encourager la création. « Si ça peut donner à quelqu’un l’envie de créer à son tour, alors le projet aura réussi. »









